L’Egypte, l’indomptable forteresse face aux ennemis

Dr Nesrine Choucri Dimanche 03 Mars 2019-13:08:20 Chronique et Analyse
L’Egypte, l’indomptable forteresse face aux ennemis
L’Egypte, l’indomptable forteresse face aux ennemis

Terre bénie, l’Egypte a été depuis la nuit des temps une forteresse invincible face à ses ennemis. Nul ne peut l’agenouiller. Tout au long de l’Histoire, même dans les périodes les plus difficiles, elle a su se relever et s’imposer, triomphant ainsi toujours face aux épreuves. Qui dit Egypte, dit une force douce et éternelle.  L’histoire d’Egypte peut être comparée à une énorme forteresse que tous les conquérants souhaitent attaquer et envahir. Malgré les tentatives, nul n’y parvient. L’imbattable affiche sa fierté et sa force devant les convoitises.  

Les Hyksôs (en démotique heka khasout, littéralement « chefs des pays étrangers » formaient autrefois un groupe pluriethnique vivant dans l'Asie de l'ouest, et qui arriva à l'est du Delta du Nil .

Ils chassèrent les dirigeants de la XIV dynastie, qui siégeaient à Avaris. La guerre contre les Hyksôs commença vers la fin de la XVIIe dynastie, à Thèbes. Des écrits plus récents du Nouvel Empire font intervenir Séqénenrê Taâ, un prince de Thèbes. Ahmosis, premier roi de la XVIIIe dynastie et fils de Séqénenrê Taâ, a siégé sur le trône de Thèbes et poursuivi la guerre contre les Hyksôs.

Mais, ce n’est pas uniquement le passé qui est témoin. L’époque moderne l’est aussi. Rappelons-nous du protectorat britannique qui a fini par se retirer face aux jeunes officiers libres qui ont décidé de se battre et d’imposer l’indépendance de l’Egypte.

Déjà, avant la révolution du 23 juillet 1952, la police égyptienne a inculqué aux Britanniques une leçon de prouesse et de gloire à Ismaïlia. En effet, le 25 janvier 1952, les Britanniques assiègent la police égyptienne à Ismaïlia et essayent de s’emparer de leurs sièges et leurs armes. Malgré l’agression démesurée des Britanniques, la police égyptienne insiste à se défendre et à s’imposer. Un épisode de l’histoire qui rappelle que les Egyptiens demeurent indomptables et que même face à une force titanesque, ils savent afficher leur fierté et combattre jusqu’au bout.

Plusieurs années plus tard, en 1956, pendant l’agression tripartite menée par Israël, la France et la Grande-Bretagne contre les villes héroïques de Suez, de Port-Saïd et d’Ismaïlia, les Egyptiens affichent la même insistance à défendre coûte que coûte leur terre.

Et, lorsque l’épisode triste de l’agression israélienne contre le Sinaï. Les Egyptiens ne vont pas croiser les bras. Ils vont continuer à se défendre et s’imposer. Même si les années s'écoulent, la victoire d'Octobre va demeurer présente dans l'esprit des citoyens égyptien et arabe, tout en leur appuyant leur volonté à vaincre tous les obstacles ainsi que de surmonter toutes les déceptions.

La victoire d'Octobre a frayé la voie à la paix car l'ennemi a appris que l'Armée égyptienne ne peut pas accepter la défaite et qu'elle va toujours s'imposer. L'unique chose à faire était de se retirer du Sinaï. Au cours des années, l'Armée égyptienne a prouvé son invincibilité. Elle a tracé avec minutie la scène de la traversée du Canal de Suez, tout en surmontant la ligne Bar-Lev et en vainquant l'arrogance de l'ennemi israélien.

En ce jour, l'Armée égyptienne a tracé une épopée qui lui a valu l'appui inconditionné des pays arabes. Tous les héros et les martyrs qui ont sacrifié leur vie ont permis de maintenir la dignité et la grandeur d'Egypte.

Les forces israéliennes se croyaient à l'abri de la prouesse et de la bravoure de nos soldats en bâtissant la fameuse ligne de Bar Lev. Il s'agit d'un titanesque rempart en sable dont la hauteur atteint 20 mètres. Bar-Lev était réputée comme étant indestructible, les forces de l'ennemi y ont mis en place des postes de contrôle. L'artillerie israélienne se situait derrière ce rempart pour attaquer nos forces sur la rive ouest du Canal de Suez. Invincible, la direction politique et militaire du pays a pris en considération ces obstacles majeurs en se préparant à la guerre.

Les forces armées ainsi que le peuple voulaient à n'importe quel prix gommer la honte de la défaite. Pour ce faire, il fallait travailler sur le moral des soldats, les enthousiasmer. D'où, ils ont reçu des stages de formation intensifiés à l'Académie Nasser. Outre l'entraînement sur le terrain. Nous avions créé une rive est sur la rive ouest du Canal. En effet, les soldats étaient entraînés à grimper des remparts de sable avec des masques sur le visage. Il fallait prendre en considération que l'ennemi pouvait les bombarder lors de la traversée. Chaque soldat savait combien de temps son bateau allait prendre pour effectuer la traversée ainsi que son rôle. Les moindres détails étaient pris en considération. Tout était planifié, rien n'était laissé au hasard et à la chance.

Les épisodes sont nombreux et démontrent à chaque fois que l’Egypte va demeurer une terre bénie et indomptable. Lorsque les Frères Musulmans ont cherché à prendre les rênes du pays en veillant à gommer sa véritable identité, les Egyptiens s’y sont opposés farouchement.

Beaucoup d’Egyptiens avaient fait fi du régime en place de Morsi et avaient pris le risque de signer les tracts de Tamaroud ou « Rébellion » en apposant à côté de leur nom et leur numéro de sécurité sociale. Ni les menaces, ni le terrorisme auraient suffi pour les dissuader, c’était pour la majorité une question d’existence, de lutte au nom de l’identité égyptienne, au nom de la patrie, au nom de leur avenir. Deux jours avant le 30 juin, les Egyptiens avaient déjà commencé à manifester sur la place Tahrir, devenue place emblématique de la liberté et à Héliopolis devant le Palais présidentiel d’Al-Ittéhadiya. Plusieurs mois auparavant les partisans de l’ancien président Morsi avaient massacré des manifestants venus rejetés des amendements de la Déclaration constitutionnelle faits à la va-vite. Des manifestations qui ont commencé tout de suite grandiose. Les Egyptiens avaient décidé d’assumer un sort tragique pour ne pas devenir une théocratie. Ils savaient que la mort sera leur sort, mais, ils ont accepté courageusement cette fin afin de ne pas être gouvernés par des terroristes. Pour nombreux d’entre eux : mourir pour libérer l’Egypte de ce destin en valait le coup. Du 30 juin au 13 août, les autorités ont décidé de donner la chance aux partisans de Morsi pour disperser pacifiquement le sit-in. Un appel sans réponse. Et, le peuple commence à s’impatienter d’autant plus qu’il avait déjà manifesté pour mandater Al-Sissi dans sa lutte contre le terrorisme. Enfin, le 14 août, un rêve s’est réalisé au prix du sang des forces de l’ordre, de jeunes policiers, de jeunes victimes de lavage de cerveaux. Pendant une journée très difficile, les Egyptiens ont vu sur les écrans de leur télévision, les pro-Morsi brûlaient les rues avoisinantes de Rabia. Ils ont cherché à déplacer le combat dans toutes les rues d’Egypte pour faire sombrer le pays dans la guerre civile. Des Eglises ont été brûlées à Minia et dans d’autres villes de la Haute-Egypte, un commissariat de police attaqué à Kerdassa, un nouveau sit-in à la mosquée de Fateh à la rue Ramsès. Par stupidité, les Frères Musulmans avaient parié sur le fait de provoquer des séditions confessionnelles entre Musulmans et Coptes. Un pari nul. Le Pape Tawadros sort de son silence pour consoler aussi bien les Chrétiens que les Egyptiens. L’Armée prend également à sa charge la réparation des églises. Et, le Pape lance un appel d’unité et d’amour à la patrie.

C’est à partir de ce moment que les Frères Musulmans ont adopté une nouvelle stratégie : semer les embûches sur la voie de l’Egypte. Ils rêvaient d’arrêter le processus politique, d’imposer un isolement international à l’Egypte, de saper tous les efforts de développement. Leurs chimères les faisaient croire qu’ils font uniquement face à Abdel-Fattah Al-Sissi, mais, Al-Sissi n’a jamais été seul, il a été toujours accompagné de la volonté des Egyptiens. Les Egyptiens lui ont assignée une mission difficile : combattre le terrorisme et développer le pays.

Malgré tout cela, l’Egypte a su se relever : des projets colossaux ont été mis sur place, une réforme économique ambitieuse a été réalisée et la fameuse hépatite c contrée. Le chemin est encore long, mais les Egyptiens ne vont continuer à aller de l’avant et à agir. Ils savent bien que leur pays est une forteresse indomptable et imbattable.

 

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